Auriol Masques produira 30 millions de masques par mois dès janvier

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net

Des employées d'Auriol Masques produisant des masques chirurgicaux Made in France.

C’est une montée en puissance spectaculaire qu’est en train d’opérer Auriol Masques, marque de masques chirurgicaux créée cet été à Flourens par Les Ateliers de la Haute-Garonne (AHG, 900 salariés, CA 2019 : 50 M€), entreprise spécialisée dans les rivets et la visserie aéronautiques. « Actuellement, nous produisons 10 millions de masques chirurgicaux par mois, mais dès janvier, nous atteindrons le cap des 30 millions mensuels, indique à La Lettre M Stéphane Auriol, gérant. Une industrie, c’est comme une locomotive : le démarrage prend un peu de temps, mais ensuite, c’est parti ! »

 

Dans le cadre de cette diversification, l’entreprise familiale envisage d’investir 22 M€. 2 M€ ont déjà été injectés dans l’achat de deux machines de production, tandis qu’une enveloppe de 20 M€ est allouée à la construction d’un nouveau bâtiment de 10 000 m2 entièrement dédié à cette activité. Elle sera située « en Occitanie », indique le dirigeant, qui ne souhaite pour l’heure pas en dire davantage.

 

« Dès juin prochain, notre production sera totalement intégrée, en incluant également le filtre, précise Stéphane Auriol. L’Etat a lancé un appel à candidatures portant sur la fabrication des systèmes de filtration et nous faisons partie des onze acteurs sélectionnés dans l’Hexagone. Il faut savoir que le masque n’est pas un produit à valeur ajoutée. Il faut être compétitif et, par conséquent, miser sur le volume. En intégrant directement la fabrication du filtre, nous augmenterons mécaniquement nos marges. »

 

« Un marché de 20 à 25 M de masques/semaine après la crise »

 

Pour le chef d’entreprise, alors que la France compte actuellement « une vingtaine de fabricants de masques, il n’y aura probablement à terme de la place que pour cinq acteurs ». L’intégration des filtres devient dans ce contexte éminemment stratégique. Mais, alors que l’espoir d’un vaccin contre la Covid-19 se profile, la question des masques sera-t-elle tout aussi prégnante, demain ? Pour Stéphane Auriol, cela ne fait aucun doute. « Avant la crise, en France, il se vendait 10 millions de masques par semaine, explique-t- il. Depuis le début de la crise, c’est 100 millions. Lorsque la pandémie sera derrière nous, les entreprises devront tout de même sécuriser des stocks de masques, à renouveler périodiquement. C’est là que sera le marché : entre 20 et 25 millions de masques par semaine. »

 

Pour l’heure, Auriol Masques fait travailler une trentaine de transfuges – provisoires – des Ateliers de la Haute-Garonne, ainsi qu’environ 160 intérimaires. Mais à terme, lorsque sa chaîne de production automatisée sera pleinement déployée, ce sont 150 emplois fermes qui devraient être créés. La société projette d’enregistrer 25 M€ de CA en 2021. De leur côté, les Ateliers de la Haute-Garonne vont accuser cette année une baisse globale d’activité de l’ordre de 30 %. « Et nous nous attendons à une baisse encore plus importante en 2021 », glisse Stéphane Auriol.

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