Dans le cadre de cette diversification, l’entreprise familiale envisage d’investir 22 M€. 2 M€ ont déjà été injectés dans l’achat de deux machines de production, tandis qu’une enveloppe de 20 M€ est allouée à la construction d’un nouveau bâtiment de 10 000 m2 entièrement dédié à cette activité. Elle sera située « en Occitanie », indique le dirigeant, qui ne souhaite pour l’heure pas en dire davantage.
« Dès juin prochain, notre production sera totalement intégrée, en incluant également le filtre, précise Stéphane Auriol. L’Etat a lancé un appel à candidatures portant sur la fabrication des systèmes de filtration et nous faisons partie des onze acteurs sélectionnés dans l’Hexagone. Il faut savoir que le masque n’est pas un produit à valeur ajoutée. Il faut être compétitif et, par conséquent, miser sur le volume. En intégrant directement la fabrication du filtre, nous augmenterons mécaniquement nos marges. »
« Un marché de 20 à 25 M de masques/semaine après la crise »
Pour le chef d’entreprise, alors que la France compte actuellement « une vingtaine de fabricants de masques, il n’y aura probablement à terme de la place que pour cinq acteurs ». L’intégration des filtres devient dans ce contexte éminemment stratégique. Mais, alors que l’espoir d’un vaccin contre la Covid-19 se profile, la question des masques sera-t-elle tout aussi prégnante, demain ? Pour Stéphane Auriol, cela ne fait aucun doute. « Avant la crise, en France, il se vendait 10 millions de masques par semaine, explique-t- il. Depuis le début de la crise, c’est 100 millions. Lorsque la pandémie sera derrière nous, les entreprises devront tout de même sécuriser des stocks de masques, à renouveler périodiquement. C’est là que sera le marché : entre 20 et 25 millions de masques par semaine. »